THEOLOGIE CATHOLIQUE.16 fiches gratuites à télécharger. l'essentiel de la THEOLOGIE DOGMATIQUE



   A n t h r o p o l o g i e
                        T h é o l o g i q u e


      Thèse 16 – Eschatologie
         

                                                                                                                                                                  télécharger Fiche gratuite (pdf)

   

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        « Il n’y a que le Christ, qui est tout et en tout » dit l’Epitre aux Colossiens (3,11). Il est l’Alpha et l’Oméga, en qui nous sommes créés, aimés, sauvés et sanctifiés. « Tout est créé par Lui et pour Lui » (Col.) : Il est dès lors la clé d’interprétation de l’eschatologie ; il achève la Révélation en la complétant (DV 4).

               Le Christ est donc l’eschatos. L’évènement du Christ ne comprend en effet pas que son Incarnation et son Mystère Pascal, mais aussi sa venue en gloire, Parousie. Les fins dernières doivent donc être rapportées au Christ – l’eschatos – qui est le Centre du plan de Dieu sur le monde.

               Le Christ est Sauveur : l’eschatologie est donc d’abord discours de salut. Rappelons que Salut et damnation ne sont pas deux voies qui se présenteraient également. Le seul chemin du Père est le Christ, et la voie est unique, même si demeure la possibilité de la perdition. Cette voie qu’est le Christ, c’est celle du Règne de Dieu dans nos cœurs – filiation obéissante, confiante, amoureuse au Père – Royaume des Cieux qui est « déjà-là », même s’il n’est « pas encore » pleinement manifesté. Cette manifestation finale de Jésus sera sa Victoire finale, pleinement manifestée dans la Gloire, Gloire qui n’est rien d’autre que la Beauté que revêt l’Amour du Père pour nous. Dieu sera alors tout en tous.

               Le Christ est Jugement, étant la Vérité ultime qui éclaire le mystère de l’homme (GS 22). A notre mort, à la lumière de Celui qui est la Vérité et la Vie, l’âme humaine reçoit la vérité sur ce qu’a été sa vie, et est ainsi mesurée (jugée). Mais Justice et Miséricorde se rencontrent dans le Christus Totus, juge et sauveur, notre avocat auprès du Père. Capax Dei, nous verrons Dieu face à face, de façon immédiate. Et cela dès la mort terrestre (pour les sauvés), dans une eschatologie personnelle définitive qui ne sera collective (et donc complète) qu’après la Parousie, le Corps du Christ atteignant alors sa plénitude. C’est au jugement final en effet, au retour du Christ en Gloire (fin des temps, ou Parousie) que les conséquences de nos actions terrestres viendront compléter en quelque sorte ce premier jugement, et clore l’Histoire du Salut.

               Le Christ est Résurrection. « Je suis la Résurrection et la Vie » dit Jésus. Il est notre vie éternelle. Quant à la Résurrection de la chair, elle reste mystérieuse, même si Paul multiplie les indices sur nos corps glorieux : incorruptibilité, gloire, force, corps spirituels. Reste à s’interroger sur ce que signifie le corps : il est notre être-au-monde, par lequel nous rentrons en relation avec ce monde et avec les autres. Ce mode de relation sera dès lors glorifié, rendu lumineux car intégré au Christ, en qui nous sommes créés.

               Le Christ est le Ciel, en ce qu’Il est rejoint. Le Ciel n’est pas un lieu en effet, mais un état : la pleine incorporation à la Personne du Christ dont nous sommes déjà les membres par l’Eglise. Cette incorporation sera vision de Dieu, dilection de cette vision, ressemblance par cette vision. Le Ciel n’est donc pas un lieu mais une Personne, le Christ.  En Lui – c’est-à-dire sauvés - au sein de la Trinité Sainte, nous serons fils dans le Fils, aimés du Père dans l’Esprit. « Ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi » (Jn 17).

               Le Christ est le purgatoire en tant qu’Il nous purifie. Non pas tant une souffrance préparatoire à la vision de Dieu, mais bien plutôt cette vision déjà donnée, vision cependant encore douloureuse, un peu comme un éblouissement douloureux pour les âmes non pleinement habituées à la Lumière divine.

               Le Christ est l’enfer, en tant qu’Il n’est pas rejoint (H.U. Balthasar). Telle est l’état de la vie sempiternelle de la résurrection de jugement (Jn 5,29), différent de la vie éternelle qui est participation à la vie divine (2 P 1,3). L’amour ne peut être forcé sans se perdre lui-même, et créés dans le Christ d’une manière définitive, nous pouvons néanmoins refuser cet état d’une manière définitive elle-aussi. L’Eglise ne se prononce pas sur l’existence de personnes dans un tel état, et prie en communion avec les saints du Ciel afin que selon la volonté du Père, « tous les hommes soient sauvés » (1 Tim 2,4).

 

  Bibliographie essentielle :

               - Benedictus Deus (Benoit XII, Constitution dogmatique, 1336)
               - Bulle « Laetentur Coeli » (Eugène IV, 1439)
               - « Décrêt sur le Purgatoire » (Concile de Trente, 1563)
               - Gaudium et Spes (Vatican II, Constitution Pastorale, 1965)
               - Spe Salvi (Benoit XVI, Encyclique, 2007)

  Bibliographie annexe :

- « Quelques questions actuelles concernant l’eschatologie » (CTI, 1992)